Mise en scène, direction d’acteur. La centralité du jeu de comédien

Stage dirigé par Declan Donnellan (Royaume-Uni)

Du 30 janvier au 3 février 2023

Declan Donnellan et Nick Ormerod, donnant la priorité à une quête du vivant dans le travail de l’acteur, se sont fait une réputation internationale pour leur capacité à animer les œuvres classiques avec leurs interprétations intenses, vives, comme un rayon de lumière qui embrase le texte. 

Au cours de leur stage, ils proposeront des clefs qui peuvent s’avérer « utiles » pour des metteurs-en-scène, acteurs ou actrices metteuse-en-scène, déjà pratiquants ou en formation, désirant apprendre, approfondir, partager et ainsi enrichir leur propre chemin dans la création théâtrale. 

Declan Donnellan aime à révéler le secret des personnages et place la direction d’acteur au centre de sa recherche ainsi que la précision de l’espace théâtral. Au cours de cette aventure, qu’il mènera avec Nick Ormerod son collaborateur artistique historique, ils partageront ce travail spécifique qui les a conduits sur les plus grandes scènes du monde. Pour permettre cela, les participants devront tous passer concrètement de la mise en scène au jeu sur le plateau. 

Declan Donnellan et Nick Ormerod

sont les directeurs artistiques de Cheek by Jowl, la compagnie internationale primée travaillant dans plusieurs langues et se produisant partout dans le monde. Ils comptent parmi les créateurs de théâtre les plus influents d’Europe et leur travail avec les acteurs leur a valu une renommée internationale. 
Une caractéristique de la compagnie est de mettre en scène des pièces majeures européennes, dans leur langue originale ou traduites avec des comédiens et des comédiennes, sans distinction de genre ou de couleur de peau.
On se souvient encore de la mythique version de “ Comme il vous plaira ” de William Shakespeare, aux Bouffes du Nord, saluée par la critique internationale qui a valu à Declan Donnellan de gagner le Prix Laurence Olivier du Meilleur Metteur en Scène d’une pièce de théâtre en 1995. Souvenons-nous entre autres, du Cid de Corneille, crée au festival d’Avignon et joué dans de nombreux théâtres de France et d’Europe. 

Declan Donnellan est l’auteur de « L’acteur et la cible » déjà traduit en 15 langues qui est devenu une référence dans les écoles de théâtre du monde entier.

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L’esprit du Nô

Stage de Nô dirigé par Kinue Oshima (Japon), maître pour la création du Théâtre du Soleil, « L’île d’or »

Du 6 au 10 mars 2023

Le Nô est l’art de l’intériorité par excellence. L’extrême exigence, la précision des déplacements dans l’espace, la grâce des gestes permet à l’acteur à la fois de vivre et de contrôler le vertige des émotions.
 
Il y a dans le Nô, comme un passage dans l’autre monde. L’acteur, par la fréquentation des personnages du répertoire épique Japonais : fantômes de guerriers, amantes tragiques, êtres célestes, donne vie à ce qui n’est plus. Les pieds glissant sur le sol et la tête dans les étoiles, l’acteur centré, concentré à l’extrême, peut projeter son imagination. L’apprentissage du Nô est une étape vers l’incarnation et le dessin de la vie.

Reconnue au Japon, comme une très grande interprète, Kinué Oshima est une des seules femmes dans le monde masculin et très strict du Nô. Elle enseigne avec exigence et une grande générosité, les secrets et les principes qu’elle pratique dans sa famille depuis sa tendre enfance. Au-delà de la technique, de la discipline, de la quintessence des signes, des marches, de la légèreté des mouvements, c’est l’esprit du Nô, qu’elle transmet et prodigue à chaque instant.

Contenu du stage

L’expression physique du repose sur une combinaison de kata, la forme la plus élémentaire de mouvement du corps, et de chant, l’élément vocal.
Ce stage explore la nature de l’expression du à travers la pratique du kata et du chant.
L’apprentissage commence par les bases de mai (la danse de ), comme la posture et les pas, et ensuite le kata de base comme le shikake et le hiraki.
Les participants pratiqueront le chant et apprendront à jouer deux shimai (courtes formes de spectacle combinant la danse et le chant).

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L’écriture invisible

Dirigé par Eve Bonfanti et Yves Hunstad (La Fabrique Imaginaire)

Du 27 mars au 7 avril 2023

Nous sommes passionnés, par la construction d’une écriture qui ouvre sur un théâtre de l’instant.
Un théâtre qui semble ne surgir que de l’intuition et du monde secret de la personne qui joue, comme si les mots et les émotions débarquaient spontanément sur scène, alors qu’en fait, tout est consigné dans une écriture travaillée jusqu’à devenir invisible.

Le temps présent, qui paraît ainsi être la réalité, se mélange à la fiction qui se raconte.

Nous proposons d’aborder, pour ce faire, l’écriture de plateau à partir d’un état qui permettrait d’entrer dans le monde de la fiction de façon imperceptible et inattendue, un état qui demande à être vraiment soi-même avant d’être quelqu’un d’autre, même si cet autre est une représentation très proche de soi.
Cela suppose de dépasser l’idée que l’on aurait d’être « une actrice » ou « un acteur » et de lâcher ou de détourner les conventions théâtrales qui peuvent limiter l’imagination, en ouvrant notre conscience aux différents champs de perception, invisibles ou non, qui nous entourent comme à ceux qui nous composent…

Pour le public, le mystère sera de ne plus savoir qui écrit cette fiction qui se perçoit comme une réalité imprévisible dans le temps de la représentation ? Est-ce la personne impliquée dans sa propre vie,
est-ce l’actrice ou l’acteur en train de jouer sur scène ou le « personnage » qui, à cette même seconde, est joué par les deux autres ?

C’est cette complexité que l’on propose de faire apparaître et d’explorer, pour que le « jeu » soit enrichi par ces différents états de conscience.

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Le Chemin de l’Acteur

Dirigé par François Cervantes et Catherine Germain

Depuis plusieurs années, nous sommes à un grand carrefour
L’accélération du monde et un métissage d’une ampleur jamais connue dans l’histoire de l’humanité, demandent aux acteurs de créer des ponts intérieurs entre tradition et création
(La respiration est une tradition, la respiration est une création)

Nous chercherons un langage théâtral qui puisse raconter le monde d’aujourd’hui
A travers des exercices physiques
En faisant des excursions dans les territoires :

  • Du texte, y compris l’écriture et l’adaptation
  • Du clown, y compris le costume, le maquillage, et la dramaturgie nécessaire à cette créature
  • Du masque, y compris la dramaturgie nécessaire à ces êtres

Nous chercherons comment aller vers l’origine du théâtre d’une part, et vers une écriture contemporaine d’autre part, directement en prise avec le réel.

Nous essaierons de travailler à partir du réel, des histoires de nos vies et du monde qui nous entoure : comment « écrire » ce monde avec les outils du théâtre de manière à relier le quotidien et la dimension de l’épopée
Nous travaillerons avec cette préoccupation de départ : notre monde a besoin de nouveaux récits.

Objectifs pédagogiques

  • Devenir responsable et conscient de sa présence au plateau.
  • Comprendre la dramaturgie liée au clown ou au masque afin de les relier, à des traditions européennes ou extra européennes d’une part, et à l’écriture d’autre part.
  • Focaliser son énergie pour atteindre des états de conscience modifiés et servie des actions scéniques.

Contenu

  • Travail sur la respiration : focalisation de l’énergie, concilier l’attention aux mouvements intérieurs en même temps que l’attention à l’espace, aux partenaires, au public et au médium : texte ou masque
  • Organisation des sensations intérieures pour la construction d’un être intérieur : maquillage, costume, tenue physique, énergie
  • Travail de la voix pour aborder un texte par sa dramaturgie, son sens et son aspect sonore
  • Travail corporel pour mettre un masque en vie, puis aller vers la voix et la pensée de la créature

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Tensions, conflits, domination dans les « Big four » de Shakespeare

Dirigé par Stuart Seide

Une exploration des affrontements clé dans les quatre grandes tragédies : Hamlet, Othello, Macbeth, Lear.

Polonius : Que lisez-vous là, monseigneur ?
Hamlet : Des mots, des mots, des mots.
Acte II, sc. 2

Je proposerai un travail de « Scene Study », une série de face-à-face charnière dans quatre œuvres de Shakespeare : Hamlet & Gertrude, Macbeth & Lady Macbeth, Othello & Iago, Lear & ses filles ainées. (Je n’exclus pas la possibilité d’en ajouter d’autres.) Tout commencera avec les mots. Puis on cherchera à leur donner corps en partant d’un précepte simple : On dit ce qu’on pense et on pense ce qu’on dit. Pénétrer les mots, être pénétré par eux. Le but : rendre palpable les forces en jeu à l’intérieur d’une lutte entre deux personnages aux désirs, ambitions et aspirations ô combien divergents. Je m’intéresse à l’art et l’artisanat de l’acteur qui est en dialogue constant avec le texte, avec le/la partenaire et avec soi-même.

Le stage se déroulera de 10h à 17h (du lundi au vendredi)

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Exploring kutiyattam

Atelier dirigé par Ramith Ramesh (Inde) 

Les 22 et 23 juillet 2023 de 10 h à 16 h (5 h cours + 1 h pause déjeuner)

Atelier anglais.

Cet atelier de deux jours est une excellente occasion de découvrir les secrets du Kutiyattam, une des plus anciennes traditions théâtrales vivantes, vieille de plus de 2000 ans et proclamé patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco. L’atelier aborde tous les éléments clés du Kutiyattam, mettant l’accent sur les principes d’entraînement et les techniques de jeu de base, au travers d’une méthode destinée à la rendre proche et familière aux artistes venant d’autres disciplines.

Après une introduction sur les aspects généraux du théâtre sanskrit, les participants commenceront à se familiariser avec les bases du processus de formation telles que la caractérisation animale, les mouvements oculaires, les mouvements faciaux et les mouvements physiques pour communiquer une histoire. 

Les principales caractéristiques du système expressif du Kutiyattam seront abordées, telles que le langage des mudras, les concepts de rasa et de bhava, l’utilisation de la voix ou encore l’importance et la fonction primordiales de la musique, du maquillage et des costumes. 

Des démonstrations pratiques, ainsi que la discussion générale, le partage d’impressions, de doutes et de points de vue rendent cet atelier particulièrement intéressant.

À cela s’ajoute l’analyse comparative entre la technique de jeu du Kutiyattam et les actions dans la vie réelle ou dans d’autres techniques de jeu.

Concert de musique brésilienne avec le groupe Uirapuru

ARTA accueille le groupe Uirapuru pour une soirée poétique et musicale.

Le groupe Uirapuru est un quatuor de musiciens et comédiens brésiliens qui propose un répertoire de musique brésilienne remettant en question les stéréotypes autour du Brésil et de sa musique populaire.
À travers une dramaturgie qui invite le public à un voyage vers le Brésil, le concert – amplifié par un volet scénique – présente des curiosités et des épisodes historiques reliés à la musique populaire du pays et de ses influences.
Après le concert les artistes vous invitent à partager un petit goutér brésilien.

Présentation du livre « Histoire de ma vie » de Marcel Marceau et rencontre-démonstration de l’art du mime

Présentation par Aurélia et Camille Marceau du livre de Marcel Marceau, Histoire de ma vie de 1923 jusqu’en 1952 (Éditions Actes Sud)
En collaboration avec ACTES SUD et le Théâtre du Soleil

Le mime Marcel Marceau au seuil de la mort, confie à ses enfants son manuscrit Histoire de ma vie, un récit de jeunesse où il évoque sa naissance à Strasbourg en 1923, la montée de l’antisémitisme en France, la résistance avec son frère pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore sa formation d’acteur chez Charles Dullin et Étienne Decroux à Paris.

Un témoignage puissant et vivant d’un artiste majeur qui réinventa l’art du mime et se hissa au rang de mythe dans la grande histoire du théâtre

La soirée se poursuivra avec une table ronde/démonstration avec Aurélia Marceau, Camille Marceau, Anne Sicco, Elena Serra, Blanca del Barrio, et Muriel Roland, qui évoqueront leur rapport au Mime.

Le livre sera disponible à la vente.

De la respiration à l’interprétation

Atelier dirigé par Catherine Rétoré, Sava Lolov, Valérie Bezançon, Benoît Lugué, Sara Llorca

Présentation du stage

Pendant toute la durée de notre stage, nous établirons les liens étroits entre la respiration, la phonation et l’interprétation.

Savoir gérer son effort physique et vocal, acquérir de la légèreté et de l’envergure dans sa pratique artistique n’est possible qu’avec de bons appuis intérieurs : la respiration physiologique profonde est l’état qui les met en place. Dans ce mode respiratoire, le diaphragme et les muscles auxiliaires (muscles du dos et du ventre) sont le moteur principal. Ils donnent à l’expiration le rôle le plus important de l’acte respiratoire. La présence vocale et physique de l’artiste repose sur cette mécanique vitale. Pendant la respiration diaphragmatique profonde, c’est le corps tout entier qui respire, dénouant les contre-efforts ou crispations, l’essoufflement, le manque d’endurance, l’asphyxie à l’intérieur d’une phrase, la saturation du timbre dans la puissance, le manque de rythme, de vitalité, l’impossibilité de rupture, de relance…

La respiration physiologique est un levier fondamental de la qualité d’interprétation.

Pour plus d’information :

CONTACT: Catherine Rétoré

stage.respiration@gmail.com / 06 13 23 70 32 / http://www.ecoledelarespiration.sitew.com

Tragique racinien et Abhinaya – La vérité de l’émotion dans la contrainte de la forme

Stage dirigé par Nirupama Nityanandan et Jean-René Lemoine

Du lundi au vendredi, de 10h à 17h

Ce stage est destiné à celles et ceux qui cherchent à (re)trouver un chemin d’interprétation en partant du corps et du rythme vers l’émotion.

L’Abhinaya est la partie narrative et théâtrale commune à toutes les grandes formes de danses classiques indiennes, utilisant un langage gestuel et corporel précis pour exprimer des sentiments, dessiner des personnages et des situations.

Où va la main va le regard, où va le regard va l’esprit, où va l’esprit va l’émotion, où va l’émotion est née l’essence

Abhinayadarpana (traité sur l’Abhinaya)

Nous mettrons ce travail sur l’Abhinaya en perspective avec le travail sur le vers Racinien qui est lui-même en quelque sorte, une géométrie, une grammaire, une chorégraphie de la langue.
 

Objectifs

Développer de nouveaux outils de jeu, redéfinir les anciens. 

Expérimenter ce que le rapport à la musique et le dessin du corps apportent à l’interprétation d’un texte, la découverte d’un personnage.

Voir comment un cadre précis du corps et du geste permet une liberté intérieure pour sentir une émotion et l’interpréter. 

Découvrir comment la technique de l’Abhinaya agit comme une « loupe » sur les sentiments exprimés dans un texte — qu’il soit classique ou contemporain. 


Programme pédagogique

Les matins seront consacrés au travail technique:

Un temps d’échauffement collectif.

Introduction à l’Abhinaya

  • Les gestes codifiés des mains (Les Mudras)
  • Le regard
  • Les neuf émotions principales (Les Navarasas)
  • Les attitudes du corps qui accompagnent l’expression d’un sentiment.
  • Les différentes façons de marcher.
  • Le corps masculin et le corps féminin.
  • Introduction aux rythmes indiens.
  • Apprentissage d’une petite chorégraphie pour le pur plaisir de la pratique.

Les après-midis seront consacrés au travail sur deux tragédies de Racine : Phèdre et Bérénice.

Nous tenterons de voir comment chez Racine, c’est la précision du dire, la plongée dans son « artificialité » qui amène l’acteur ou l’actrice à un état émotionnel.

Comment la respiration qu’impose le vers agit sur le corps de l’interprète et le place dans un état « de force fragile » , de vertige contrôlé.

Il s’agira, en s’éloignant du psychologique, du réalisme, en respectant la prosodie, en « écrasant » l’émotionnel et le déclamatoire, d’aller vers le concret, la force brute du récit.

Il s’agira de soustraire, d’élaguer le jeu pour tenter d’arriver à la matière furieuse du texte.

C’est à travers cette contrainte que les sentiments infinis que contiennent ces pièces pourront se déployer.

Le travail corporel du matin sur l’Abhinaya – convoqué ou intériorisé – sera notre outil pour aborder les œuvres.


Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants