La voix démultipliée

Dramaturgies du son, du geste et de l’espace

Stage dirigé par Francesca della Monica et Marcus Borja

…la voix est vouloir-dire et volonté d’existence. […] elle module les influx cosmiques qui nous traversent, et en capte les signaux : résonance infinie qui fait chanter toute matière…

— Paul Zumthor

Comment faire entendre de manière organique et poétique l’espace multiforme de la scène dans l’expression vocale parlée et chantée ? Comment étendre et potentialiser toutes les caisses et surfaces de résonance du corps en jeu ? Combien de voix existe-t-il dans chaque voix ?

Ce stage, destiné aux comédien.ne.s, chanteuses, chanteurs, musicien.ne.s et aux artistes de la scène en général, propose une exploration individuelle et collective de l’action vocale en sa dimension anthropologique, gestuelle et spatiale.

Nous proposons un parcours pluriel d’investigation du geste vocal en interaction avec l’espace dans ses différentes manifestations. Espaces visibles et espaces possibles, espaces relationnels et espaces intimes, espaces logiques et espaces mythiques, géopoétique et paysage vocal… et les innombrables combinaisons de ces différents espaces dans la performance.

La voix nous intéressera ici en toute sa tactilité et sa corporalité. Émanation concrète du présent sensible, elle est indissociable du corps qui la porte, l’apporte et la supporte. La phonè est à la fois productrice et produit de la vibration du son, le corps expérimente et se fait traverser par l’énergie qu’il a lui-même générée. Que ce soit la voix parlée, chantée, criée, choralisée, tout ceci constituera à la fois l’outillage et la matière-première de notre travail.
Plus qu’une chose, la voix peut aussi être un espace déployé dans le temps. Elle est le « lieu d’une absence qui, en elle, se mue en présence » (Paul Zumthor). Il s’agit ici de penser la vocalité comme localité : la voix non seulement tisseuse de relations, mais aussi bâtisseuse d’espaces sensibles, univers et paysages sonores. Elle est certes, ce pont, ce bras tendu vers l’autre traversant l’espace, mais peut aussi, avec le corps, incarner cet espace mouvant et en perpétuelle réinvention.

Texte et geste, chant et contre-chant, partition et improvisation, harmonie et polyphonie : autant de matériaux dont nous nous servirons pour mener à bien cette exploration

Quelques aspects techniques

  • Préparation du corps/voix :
  • verticalité, élasticité, gestion du souffle et colonne d’air
  • redéfinition du rapport inspiration/expiration.
  • Entraînement de l’écoute collective :
  • rythme, adresse, réactivité
  • précision du geste corporel et vocal
  • rapports corps-voix-espace
  • improvisations corporelles et vocales
  • Paramètres de l’action vocale :
  • fonction et particularité des voyelles (les archétypes des voyelles)
  • fonctions et particularités des consonnes
  • articulation et sens de l’équilibre voyelle-consonne
  • évolution du geste vocal en rapport avec la respiration
  • respiration et dramaturgie
  • Exploration de l’étendue vocale :
  • dimension intime et dimension publique de l’étendue vocale
  • variations de l’étendue dans les différentes formes d’expression
  • signification du « passage » vocal
  • extension vocale et homogénéité phonique
  • identité vocale et points d’extension.
  • Les différents langages dans le geste vocal :
  • le temps de la parole et le temps de la pensée
  • émission et jugement
  • langage logique et langage mythique
  • langage analytique et langage émotionnel
  • langage verbal, extra-verbal et musical.
  • Travail sur le texte (individuel et collectif) :
  • phonétique et sémantique
  • rythme, ponctuation et versification
  • rapports syntaxe-musique
  • exploration des notations non conventionnelles de la voix parlée et chantée.
  • Pratiques chorales :
  • polyphonie écrite et improvisée
  • le choeur et le corps
  • choralité et spatialité
  • expérimentations vocales d’ensemble

Consignes préalables

Chaque participant devra préparer un chant dans n’importe quelle langue, de préférence traditionnel ou rituel (travail, deuil, prière, offrande, mariage, funérailles… quel que soit le culte ou l’origine ethnique) ou directement lié à un événement historico-politique du passé (chant de guerre, de ralliement, de contestation, de révolution…). Bref, un chant qui appelle et reflète une ancestralité/mémoire collective au-delà de toute sphère commerciale.


Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants

La naissance du désir : Roméo et Juliette de Shakespeare à la lueur du théâtre-dansé du Bharata Natyam

Stage dirigé par Maria-Kiran

Le Bharata-Natyam Danse Traditionnelle de l’Inde du sud

Le Bharata Natyam : créée dans et pour les temples du sud de l’Inde, la danse des Devadasi est un des plus anciens arts de la scène du monde. Cet art est codifié dans un traité rédigé il y a plus de 2500 ans. Il est stupéfiant de constater à quel point les artistes d’aujourd’hui en font encore vivre les préceptes en toute fidélité et précision.

Après une période de déclin au XIXème siècle, le retour à la beauté originelle de ce style de danse a représenté une des facettes des luttes pour l’Indépendance. C’est en 1930 que cet art a pris son nom actuel de Bharata Natyam, l’art des Bharata nom mythique des peuples de l’Inde. Cet art mêle intimement danse et théâtre, virtuosité et profondeur de l’interprétation. Il s’écoute autant qu’il se regarde car telle est sa mission originelle.

Les légendes et louanges aux divinités sont portées simultanément par la danse, la musique et la poésie chantée.
Art codifié, il laisse pourtant toute sa place à l’interprétation du moment et à la créativité de l’interprète. Mélange parfait de rigueur, force et séduction, patiné par les siècles mais tourné vers l’avenir, le Bharata Natyam est aujourd’hui le plus sûr ambassadeur des cultures indiennes d‘hier et d’aujourd’hui.

Maria-Kiran (danseuse)

Née en Inde et élevée en France, Maria-Kiran grandit dans un univers entouré d’arts du monde. Passionnée par le Bharata Natyam, elle en commence l‘étude à l’âge de 6 ans auprès de Vidhya. En Inde, elle est l’élève de Yamini Krishnamurti et Jamuna Kirshnan qui lui ont transmis leur répertoire et leur Art de l’Interprétation. Ces deux grandes artistes ont été invitées à l’ARTA.

Très tôt consacrée comme danseuse professionnelle au temple de Chidambaram, elle se produit accompagnée de ses musiciens en tournées en Inde, en Europe et le reste du Monde. A Paris, le Théâtre de la Ville a programmé Maria-Kiran plusieurs fois, elle danse sur de nombreuses Scènes Nationales et dans des théâtres pour des récitals traditionnels et des spectacles de recherches (notamment Bharata-Bach).

Maria-Kiran a pratiqué également d’autres arts comme la danse classique, la danse contemporaine, le théâtre, le cinéma. Elle crée ses chorégraphies sous le regard vigilant de ses maîtres, et place son art en face de propositions nouvelles.

Le stage qu’elle propose se place dans cette continuité tout en mettant l’accent sur le travail spécifique théâtral que l’art du Bharata Ntayam développe plus que tout autre : art de l’osmose parfaite entre l’expression du visage (abhinaya), la gestuelle signifiante (mudras), le placement énergétique du corps (adavus), coordination soutenue par le rythme qui participe aussi de l’émotion (rasa) créée par l’artiste.

Programme

Le programme portera sur le choix de scènes du répertoire ayant la même situation. Une scène de Roméo et Juliette de Shakespeare et un extrait du Ramayana. La rencontre de nos héros à travers deux textes, deux formes artistiques : Théâtre/Danse, deux formes d’expressions : la voix/le corps.

Durant ce stage nous travaillerons en première partie le langage gestuel spécifique du Bharata-Natyam : Le Nritya

  • Les différents postures du Bharata Natyam qui forment le noyau dure afin de se centrer dans son corps, apporter également de la solidité à travers le travail sur l’équilibre et le déséquilibre pour enfin ressentir la liberté de son corps et de son expression.
  • Les Mudras, gestes codifiés des mains qui permettent de soutenir l’expression, le sentiment exprimé.
  • les Navarasa : Nava (9) Rasa (saveurs) ce que l’esprit ressent et son expression faciale de l’acteur.
    Les 9 émotions : L’émerveillement – la colère – le dégoût – la compassion – la bravoure – la peur – la paix – la moquerie – l’amour.

Travail sur le visage uniquement.

En seconde partie, le langage dansé : le Nritta

  • Le Tala, le rythme avec les Adavus : danse rythmique.

Notre travail portera sur les racines, les bases du mouvement. La précision du geste qui accompagne le sentiment, l’histoire. Que notre corps rempli de l’état émotionnel soit par la voix son messager final. 

C’est avec le Padam « Yaro ivar Yaro » que nous allons explorer cette pratique.

Journée Type 

  • 10h-13h : échauffements, respiration, travail des expressions, apprentissage du Padam (texte dansé)
  • 13h-14h : pause déjeuner
  • 14h-17h : Adavus (placements et déplacements codifiés, rythmes), suite Padam

Stage ouvert aux acteurs et danseurs.

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Flamenco Empirico

Stage dirigé par Juan Carlos Lerida assisté de Carolane Sanchez

Juan Carlos Lerida propose une approche du flamenco à travers une méthodologie appelée Méthode empirique du flamenco. Par son enseignement, Lerida partage ses ressources et ses outils pour la pratique et la compréhension des différents éléments constitutifs de la danse flamenco. Son approche du geste est à la fois technique, expressive et rythmique. Son travail invite à une exploration des différents éléments techniques qui construisent le corps flamenco. Sa méthodologie Flamenco Empirique élargit la connaissance et l’apprentissage de l’art corporel, avec des techniques d’exploration, d’improvisation et de composition à partir du flamenco. Les sessions du stage sont pensées pour transmettre des outils estimés utiles pour développer la pédagogie et la création à partir des arts vivants.

La méthode empirique du flamenco que propose Lérida invite le stagiaire à travailler son « corps-rythmique » dans l’improvisation, à partir d’une attention conférée à la « pulsation ». Pour cela, l’expérience proposée invite le stagiaire à entrer dans une dynamique d’investigation processuelle et créative.

Juan Carlos Lérida associe à son approche du flamenco le concept d’« empirisme », afin de traduire l’hybridation artistique qui est l’œuvre dans sa démarche. Il valorise en premier lieu l' »expérience » tout en s’éloignant des codifications traditionnalistes et les codifications de représentations de genre. Sa pédagogie du flamenco tend à déconstruire, par la pratique, les discours nationalistes, centristes et colonisateurs, et explorer des formes autres que celles conditionnées par l’influence hétéro-patriarcat dominante.
Son approche « Flamenco Empirique » est une expérience méthodologique de ré-habitation, de déconstruction du flamenco, pour mieux y revenir, depuis une nouvelle position, à partir d’une démarche d’enquête introspective, mais aussi depuis une approche socio-critique.


À gauche : spectacle Al Cante avec Juan Carlos Lérida et Niño de Elche, à Vienne, Autriche, août 2013 © Daniel Karsh. À droite : répétition d’Al Cante, avec Juan Carlos Lérida et Niño de Elche, Barcelone, avril 2014 © Aida Vargas

Objectifs pédagogiques

La méthode « Flamenco Empirique » tend à développer auprès d’un public d’acteurs, danseurs et musiciens, des ressources corporelles et artistiques, pour comprendre et développer des projets artistiques, tant sur le plan technique (création de pièces artistiques à partir du mouvement), que socio-culturel (création d’événements, observation et analyse du corps en action).

Le travail corporel effectué pendant les ateliers tend à mettre en relation l’entraînement des différentes parties et capacités du corps, celles qui sont alors nécessaires pour danser et jouer du flamenco.

Parallèlement, Juan Carlos Lérida stimule la qualité d’écoute du groupe, pour travailler à l’unisson en groupe, à partir des qualités rythmiques que notre corps développe dans l’espace, mais aussi pour travailler l’interrelation entre les corps et/ou les objets. Les techniques d’improvisation utilisées sont pensées à partir de l’esthétique, de la forme, du concept et de l’imaginaire du « terreau » flamenco. 

Éléments travaillés : corps – espace – rythme

  • Travail de technique corporelle et de dissection des éléments expressifs qui composent la danse flamenco (braceos (techniques de bras), percussion des pieds, percussion des palmas, tours et déplacements).
  • Connaissance et développement de son propre espace en relation avec le palo flamenco de la soleá.
  • Connaissance et pratique de la technique d’improvisation du flamenco.
  • L’improvisation comme acte artistique et comme acte socio-culturel.
  • Travail à partir de sa mémoire corporelle 
  • Exercices de technique corporelle en relation avec la résistance et la transformation des états et des qualités du mouvement (finitions, rassemblement, pauses, vitesse, modulation sonore). 
  • Composer à partir d’une improvisation. 
  • Travail de la technique corporelle par rapport à une composition, un projet, un objectif.
  • Connaissance de l’espace extérieur au studio. Mon « corps flamenco » dans un espace naturel.

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L’art de conter

Du 22 au 26 novembre 2021

Atelier dirigé par Anne Montange

avec l’intervention de Georges Perla et Ananda Montange

Cet atelier propose une rencontre autour des mots, du langage et de la parole. Le rêve et l’imaginaire seront au rendez-vous, avec l’inévitable écoute. Ainsi pourra naître une histoire.

Nous étalerons au grand jour mensonges ou vérités, l’important étant de faire sienne l’histoire qui nous touche, aller vers l’émerveillement, dire par conviction et par plaisir, être entendu, partager. Nous nous exercerons à porter la voix, donner vie à l’image et du sens à l’histoire sans en perdre le fil. Mettre en appétit l’auditoire en lui parlant d’un bon plat, tel sera notre défi relevé par la parole.

La musique pourra y prendre place pour accompagner le rythme des phrases, éveiller l’émotion,
ou raconter au-delà des mots. De même pour « l’objet » — marionnette, cailloux…
Un moment sera dédié à l’aspect symbolique des contes et ce qu’ils révèlent intimement en chacun de nous. Un subtil travail pour arriver à la simplicité d’un vieillard qui raconte sa journée au près du feu.

Atelier ouvert à toute personne, tout âge, tout métier, car honorer la tradition orale, source lointaine de notre humanité, ne permet pas de frontière. Et comme dit le dicton africain quand la chèvre est présente il ne faut pas parler à sa place. Chacun-e dans cet atelier trouvera sa juste place.

Programme

La matinée débutera avec le tissage du tapis volant : quelques exercices qui délient la langue, assurent la présence, éveillent l’écoute et mettent en confiance. Vous serez invités à conter ce que vous voudrez – apportez vos contes mythes légendes anecdotes, comptines, histoires de vie….si vous en avez. D’autres contes (principalement contes traditionnels du monde) vous attendront dans la marmite à Arta. Les instruments de musique seront les bienvenus.

Interventions

L’espace du théâtre, l’espace du conte — Dévoiler la mémoire
avec Georges Perla 
conteur, comédien, metteur en scène-directeur pédagogique du Teatro de los sentidos à Barcelone.

Circle song — Une rencontre en cercle
avec Ananda Montange
musicienne, danseuse, circassienne.
Cette pratique amplement diffusée par Bobby Mac Ferrin fait écho aux chants ancestraux. Elle sera adaptée à la parole contée, proposant un échauffement vocal-et privilégiant l’improvisation, la création de groupe, soutenues par des exercices rythmiques.


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Le corps qui raconte : la danse du pinceau, le corps d’un texte

Dirigé par Omar Porras

La première phase du travail consiste en un training qui vise à l’éveil de « l’équilibre » qui va contribuer à appréhender un état particulier, celui de « la présence », mais aussi la gestion du corps dans l’espace et la mise en place d’une dynamique particulière qui permettront d’harmoniser l’ensemble du travail au plateau. Ce faisant, se construit un alphabet gestuel. C’est le corps qui devient pinceau, qui dessine sur la page blanche de la scène, et fait surgir l’idéogramme : le « corps extra-ordinaire, extra-quotidien » ; le geste qui se fait poème, méditation en mouvement.

Une deuxième phase consiste à improviser, puis à analyser les textes de différentes natures que chaque participant apporte et qui lui sont propres (poèmes, monologues, extraits de récits…). Ces improvisations seront ensuite explorées dans la pratique tout en servant à organiser un langage singulier qui sera l’abécédaire de chaque acteur, le vecteur pour esquisser les contours de son personnage.

La troisième phase de la recherche consistera à confronter les abécédaires des uns et des autres en vue de faire se rencontrer le langage poétique de chacun : dans le collectif, le singulier de l’acteur-poète se fait monde.


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Sous le ciel du Mahabharata

Dirigé par Koumarane Valavane

Durée de la formation : 60h

Nous partirons d’une proposition simple : ouvrir la scène à celle ou à celui qui désire prendre la parole pour établir un lien avec le monde. La scène est pour moi le trou par lequel un être insignifiant dessine un cordon ombilical qui le relie au cosmos. Comment construire concrètement ce lien ? L’autre est une voie possible, celui que nous appelons le personnage, lui qui nous incarne dans le monde des actions.

1 — L’acte de naissance

Choisir quelqu’un dont vous ne connaissiez quasiment rien. Il peut être issu d’un fait divers, d’un évènement historique, d’une histoire, d’un récit, d’un roman, d’une pièce de théâtre, dont un acte vous a étonné, touché ou indigné…

  • Dans cet acte choisi, il y a deux choses : Celui qui a agi, appelé personnage, et vous, sur qui cet acte a une résonance particulière, un acteur-créateur.

Notre travail se base sur cet échange pour construire un récit qui tente de révéler les fils invisibles qui pourrait donner un sens à cet acte et à sa résonance particulière qu’elle provoque en vous.

2 — La plongée

L’espace sera imaginé comme un gigantesque corps maternel. Les participants seront invités à marcher, courir, jouer, se détendre jusqu’à retourner dans l’embryon. Cet état pourrait permettre de plonger dans son propre océan où sont enfouis les souvenirs, les rêves, les troubles, les désirs, les failles, autant de perles que nous pourrions offrir à l’autre. Ces plongées se poursuivront jusqu’à confondre notre océan à celui du personnage. Certaines perles remontées nous permettront alors de composer le fil du récit.

3 — L’écriture

Guidé par ces plongées, l’acteur tente d’imaginer les moments antérieurs et postérieurs à l’acte de naissance du personnage. Ces tentatives commencent toujours par des improvisations très ouvertes. Peu à peu les acteurs inventent des situations, d’autres personnages, d’autres actes fondateurs. Cela crée à la fois les premières contraintes dramaturgiques et de nouveaux champs d’exploration. A la lumière de ces découvertes, les improvisations, de plus en plus dirigée, deviennent des scènes écrites et incarnées.

Cette démarche explore le théâtre comme un voyage à la découverte de soi avec l’aide de l’autre : le personnage, les acteurs, le public.

Indianostrum Théâtre

Indianostrum Théâtre une troupe d’artistes permanents, un théâtre à Pondichéry, une famille d’artistes qui tissent une destinée commune et partagent une utopie : Préserver ce lieu de rencontres, d’échanges, de résistance, de réflexion, d’héritage et de récits. Indianostrum a des racines indiennes, francophones et européennes : Quatre comédiens issus de notre troupe travaillent actuellement avec Ariane Mnouchkine, Armel Roussel, Peter Brook, Caroline Guiela Nguen. La force des traditions et la vitalité théâtrale propre à l’Inde et les riches explorations dramaturgiques et scéniques européennes guident notre quête théâtrale.

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Stage collectif « De la respiration à l’interprétation »

Du 6 au 17 septembre 2021

Stage pratique dirigé par Catherine Rétoré, Sava Lolov, Valérie Bezançon, Lionel Robert, Thibaut Fernandez

  • Catherine Rétoré — Artiste dramatique et pédagogue
  • Sava Lolov — Artiste dramatique et pédagogue
  • Valérie Bezançon — Artiste dramatique et pédagogue
  • Benoît Lugué — Artiste musicien, compositeur et pédagogue
  • Lionel Robert — Artiste dramatique et pédagogue
  • Thibaut Fernandez — Artiste dramatique, metteur en scène et pédagogue

Durée : 70 heures. 2 semaines, dont 2 jours de relâche

Présentation du stage

Pendant toute la durée de notre stage, nous établirons les liens étroits entre la respiration, la phonation et l’interprétation.

Savoir gérer son effort physique et vocal, acquérir de la légèreté et de l’envergure dans sa pratique artistique n’est possible qu’avec de bons appuis intérieurs : la respiration physiologique profonde est l’état qui les met en place. Dans ce mode respiratoire, le diaphragme et les muscles auxiliaires (muscles du dos et du ventre) sont le moteur principal. Ils donnent à l’expiration le rôle le plus important de l’acte respiratoire. La présence vocale et physique de l’artiste repose sur cette mécanique vitale. Pendant la respiration diaphragmatique profonde, c’est le corps tout entier qui respire, dénouant les contre-efforts ou crispations, l’essoufflement, le manque d’endurance, l’asphyxie à l’intérieur d’une phrase, la saturation du timbre dans la puissance, le manque de rythme, de vitalité, l’impossibilité de rupture, de relance…

La respiration physiologique est un levier fondamental de la qualité d’interprétation.

Programme et objectifs pédagogiques

À travers la pratique des différents ateliers, ce stage permettra de donner l’artiste les bases d’un training quotidien ainsi que des repères précis qu’il pourra pratiquer en toute autonomie.

Pratique de la gymnastique respiratoire

Mobilisation de tous les muscles qui participent à la mécanique de la respiration physiologique : à partir de différentes positions, nous exécutons des cycles respiratoires sur différents rythmes, différentes intensités, par la bouche, par le nez, dans un bruissement d’air ou avec le timbre de la voix. Le but est de développer la condition physique par la répétition, l’attention et la précision du travail du souffle. Les séries de mouvements mobilisent d’une façon homogène la respiration, le travail musculaire, la concentration, le calme, l’engagement sans inhibition. Tout le groupe travaille comme un orchestre : tous les participants sont reliés par cette respiration dynamique, bruitée et rythmée. Nous sommes attentifs à ce que le travail ne soit jamais en force : nous tenons compte des raideurs et fragilités de chaque personne en adaptant certaines positions d’équilibre et certains mouvements physiques. Nous observerons l’expiration chez chaque stagiaire, la phase la plus importante de la mécanique respiratoire sur laquelle tout repose et dont l’inspiration dépend.

Pratique de la phonation

Prise de conscience de la voix physiologique à partir d’exercices tels que le travail du rire sur des gammes descendantes, des psalmodies sur différents phonèmes, des projections syllabiques. Nous réalisons que le soutien intérieur et toutes les sensations de mobilisation sont identiques : respiration physiologique/voix physiologique. Le timbre s’éclaircit, s’enrichit sur toutes les combinaisons syllabiques des voyelles et des consonnes jusqu’à l’obtention d’une phonation parlée spontanée et naturelle. La phonation parlée et chantée doit être basée sur une recherche permanente de la spontanéité, la simplicité, l’intensité expressive de ces deux formes de la voix humaine. Toute intention d’un effet vocal perturbe l’équilibre musculaire et respiratoire, moteur de la ventilation respiratoire permanente qui, seule, assure l’authenticité du texte.

Pratique du rythme

Renforcement du sens du rythme, par la maîtrise respiratoire. Nous apprendrons à ancrer un rythme en nous. Faire en sorte qu’il nous aide à être plus présent, plus dynamique, plus juste dans notre interprétation.

Les fondamentaux seront visités : la notion de tempo, l’usage d’un métronome et du compte, les divisions du temps (binaire, ternaire). Nous associerons les exercices d’expiration sur des pulsations et rythmes. Nous associerons la voix (parlée/chantée) à des jeux de mains/pieds pour aborder la question de l’indépendance du souffle et des gestes. Nous travaillerons l’ « oreille rythmique » : comment adapter son texte, sa phrase ou son chant à un cadre rythmique donné par ses partenaires, comment entendre qu’il faut accélérer, décélérer, comment jouer avec le temps. Nous éprouverons sans cesse l’influence du rythme sur notre corps, notre voix, notre souffle.

2 chansons issues du répertoire « classique » de la chanson française nous aideront à comprendre et concrétiser ce travail :

  • La Foule, Edith Piaf (3 temps)
  • La Mauvaise Réputation, Georges Brassens (4 temps)

Pratique du phrasé

Cet atelier visera à donner à chaque stagiaire autonomie et précision dans l’établissement de son phrasé. Grâce à l’apprentissage de règles syntaxiques simples, l’acteur apprendra à déterminer le phrasé des textes qu’il a à interpréter, afin de pouvoir s’y engager vocalement avec précision et en toute conscience. En faisant le lien avec la pratique respiratoire et le travail de phonation, il peut rentrer dans l’interprétation à la fois par le sens et le rythme, au plus près de la pensée de l’auteur et de la pulsation du rôle. Ce travail favorise la fluidité de sa parole, la tenue de son engagement dans les silences entre les phrases et les segments de phrases, la libération du texte en levant les rétentions vocales. Il permet d’agir concrètement sur les problématiques d’adresse et d’écoute, et ouvre la voie à une interprétation créative, vivante et organique.

Pratique de l’interprétation

Avec évidence, l’acteur doit avoir une respiration tenue et souple afin de garder le rythme dans sa libération d’expression. Grâce à une conscience approfondie de sa respiration, l’artiste peut exprimer ce qu’il ressent avec envergure et vitalité. La culture de la respiration donne accès à la concentration, à la présence, à l’intensité, à l’équilibre, au développement de la sensibilité. Nous verrons combien la maîtrise de l’expiration, le vidage du débit de l’air pulmonaire est une clé essentielle pour la mobilisation et le calme intérieur de l’acteur.

En travaillant sur des scènes du Tartuffe de Molière, nous explorerons comment la pratique de l’Étude, issue de l’École russe, aide à l’engagement de l’acteur et à sa mobilisation respiratoire. Grâce à l’étude de la composition, l’acteur apprendra à délimiter les différentes parties d’une scène, et comment elles s’opposent entre elles, à différencier les moments ouverts à l’improvisation et aux variations, de ceux qui, comme des passages obligés, demandent précision et exactitude de jeu.

Les liens entre les différents ateliers sont maintenus en permanence par les intervenants Catherine Rétoré, Sava Lolov, Valérie Bezançon, Lionel Robert, Benoît Lugué et Thibaut Fernandez, qui développent ces pratiques depuis des années et les croisent ensemble.

Supports fournis aux stagiaires

  • Anches de cornemuses
  • Ballons de baudruche
  • Clavier

Informations complémentaires

Nous conseillons à chaque stagiaire d’apporter son tapis de sol, et de venir avec une tenue souple, chaude, confortable (non serrée à la taille). Pendant nos séances de gymnastique respiratoire, les fenêtres de l’ARTA sont ouvertes.

« Les jours où tu sentiras ta respiration comme une source limpide, une petite divinité dispensatrice de bons offices qui anime tout ce qui vit, de la naissance à la mort, tu auras la clef qui ouvre toutes les autres portes de la technique de l’acteur. La respiration est à la base d’une bonne diction, d’une lecture intelligente, aussi bien que des mouvements tragiques ou effets comiques bien placés. Tu dois donner l’impression que tu ne t’interromps jamais pour reprendre haleine. Fais tout ce travail qui va te demander du temps, de la patience, et surtout de la régularité dans l’effort. »
Charles Dullin


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« Les Assoiffés » – The Open Program – Workcenter of Jerzy Grotowski and Thomas Richards

Du 5 au 16 juillet 2021

Dans le cadre du stage à ARTA, Rencontre créative en collaboration avec le Théâtre de la Ville et l’Open Program du Workcenter of Jerzy Grotowski and Thomas Richards. Les participants auront la possibilité de rencontrer et de collaborer avec la « Troupe Imaginaire » du Théâtre de la Ville. L’objet sera la création de « Les Assoiffés », événement partagé avec le public à l’Espace Cardin dimanche 18 juillet à 16h et lundi 19 juillet à 18h30 !

Programme de la Rencontre créative à l’Espace Pierre Cardin

Dimanche 18 juillet

15h00 : « Passeurs d’expérience », conférence Jean-François Dusigne, directeur artistique d’ARTA

15h30 : dialogue entre Jean-François Dusigne, Omid Hashemi et Mario Biagini

16h00 : « Les Assoiffés », work in progress avec le public

Lundi 19 juillet

18h30 : « Les Assoiffés », work in progress avec le public


Stage dirigé par Mario Biagini

Les membres de l’Open Program dirigé par Mario Biagini, proposons à ceux qui sont tout comme nous assoiffés, à prendre part à une nouvelle phase de notre recherche : une exploration créative autour de La grande beuverie de René Daumal, menée en groupe, en quête de ce qui pourrait nous désaltérer en ces temps qui paraissent si désertiques.

À travers des extraits choisis de l’œuvre, et d’un travail déjà entamé au sein de notre ensemble, nous serons en quête d’un processus créatif commun, qui aura pour base les propositions, idées, possibilités et les imaginaires des personnes présentes. 

Il s’agira là d’aiguiser nos outils de jeu ou d’en découvrir d’autres, d’en inventer de nouveaux, par l’exploration joyeuse d’une œuvre et d’une situation commune – cette impossible soif – ainsi qu’à travers la collaboration entre nous tous, une collaboration et un contact que nous cherchons chaque jour comme on cherche l’eau dans le désert. 

La musique y aura aussi sa place, à travers des chants de différentes traditions et cultures, développés par l’Open Program, mais les acteurs-musiciens sont aussi invités à apporter leurs instruments de musique et à contribuer à l’élaboration d’une structure musicale. Et si vous ne pensez pas être de « bons musiciens » mais que vous aimez faire de la musique, vous êtes les bienvenus avec vos chants et vos instruments.

En outre, nous proposons quotidiennement un flot de jeux silencieux, basés sur des éléments d’isolations de certaines parties du corps, simples mais précis – les Exercices Plastiques. Le participant aura l’occasion de s’engager dans un flot continu d’impulsions, de suivre son propre courant d’associations et de souvenirs, et de réveiller son imagination. C’est une opportunité d’explorer en pratique un des paradoxes nécessaires à l’art de la scène : d’une part le besoin de composition, d’une limite structurelle, et d’autre part l’élan de l’improvisation, de la spontanéité et de l’attitude ludique.

Les deux semaines de travail tendront vers un évènement final, qui aura lieu la dernière nuit, une nuit de grande beuverie, où un certain nombre d’invités auront l’occasion d’assister — ou de participer, s’ils le souhaitent — au travail élaboré durant le stage. 

Nous invitons les participants à tout d’abord lire le roman de René Daumal, et à apporter des chansons populaires françaises du début du 20ème siècle – par exemple des chansons de guinguette, des chants qui appellent à la fête, à la danse, à l’amour et à boire. Les participants peuvent apporter des chants venant de leur propre culture, ayant cette même qualité joyeuse.

— Les membres de l’Open Program


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Le potentiel du chant

Stage conduit par Thomas Richards, assisté par des membres du Workcenter

Ce séminaire est ouvert à toute personne désireuse d’approfondir un travail pratique sur le chant. Au travers d’un travail sur la relation entre précision et organicité, le stage aura pour but de révéler le potentiel créatif de chacun en mettant l’accent sur l’action, le mouvement, le rythme, le chant et la voix vivante. Thomas Richards et ses collègues guideront pas à pas chaque stagiaire dans une expérience particulière de l’imbrication de la voix, de l’impulsion et de l’action, qui est au centre des recherches du Workcenter depuis plus de 35 ans.
Un travail pratique basé sur des chants anciens de tradition sera proposé, permettant d’explorer l’impact que certaines qualités rythmiques et mélodiques peuvent avoir sur celui qui chante. Les stagiaires seront également invités à travailler sur des chants qu’ils auront eux-mêmes apportées afin d’étudier le potentiel et la dimension transformatrice inhérents à l’expérience vocale portée par un flot précis d’action et de réactions.
En plus des sessions sur le chant, les stagiaires travailleront sur Motions, un exercice basé sur « la circulation de l’attention » et qui incorpore une série d’étirements exécutés en synchronisation.

Préparation

Tous les participants doivent préparer une proposition basée sur un chant. Le chant doit être d’une qualité unique, de préférence un chant ancien, peut-être un chant de votre endroit ou de tradition, ou de la famille. Le chant ne doit pas être une composition personnelle ou une improvisation.

Nous conseillons d’apporter des vêtements confortables pour le travail sur le chant (simplement pas de vêtements de training) et des vêtements simples et légers pour le travail sur Motions (Short court ou collant; T-shirt ou débardeur).


Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants

Masterclass in acting à partir du Système Stanislavski et de la Méthode Actors Studio

Dirigé par Andreas Manolikakis (Actors Studio Drama School)

Auteurs : Anton Tchekhov – Tennessee Williams – Arthur Miller – Sophocles – Eugene O’Neil – Neil Simon
Thématiques : Désir – Trahison – Perte
Durée : 42 h

Le stage est basé sur le travail de Konstantin Stanislavski, Evgeny Vakhtangov, Lee Strasberg et Elia Kazan.
Un des principes fondamentaux du Système Stanislavski et de la Méthode Actors Studio est d’aider l’acteur à découvrir, à libérer et à révéler sa propre expression personnelle.
Cette méthode nécessite un entraînement particulier qui permet à l’acteur d’entrer en contact avec sa propre vérité intérieure.
L’acteur apprend à analyser un texte, à maîtriser chaque composant de son instrument de jeu, à faire des choix forts et à construire le jeu de son personnage, instant par instant, de façon logique, justifiée et profondément personnelle.
L’objectif n’est pas de jouer soi-même sur scène, mais à partir de soi-même, pour créer le personnage écrit par l’auteur.
Les auteurs choisis sont étroitement liés à cette approche du jeu de l’acteur.

Andreas Manolikakis comprend le travail de Stanislavski et de Vakhtangov mieux que n’importe quel professeur ou acteur, depuis la période à laquelle Lee Strasberg a enseigné à l’Actors Studio.
— Ellen Burstyn, actrice primée aux Oscars, Tomy Awards et Emmy awards et co-présidente de l’Actors Studio

Andreas Manolikakis est l’un des membres les plus pertinents et talentueux de l’Actors Studio.
— Arthur Penn, Arthur Penn, réalisateur primé aux Tony Awards et trois fois nominée aux Oscars et ancien président de l’Actors Studio


Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants