Le corps qui raconte : la danse du pinceau, le corps d’un texte
Dirigé par Omar Porras
La première phase du travail consiste en un training qui vise à l’éveil de « l’équilibre » qui va contribuer à appréhender un état particulier, celui de « la présence », mais aussi la gestion du corps dans l’espace et la mise en place d’une dynamique particulière qui permettront d’harmoniser l’ensemble du travail au plateau. Ce faisant, se construit un alphabet gestuel. C’est le corps qui devient pinceau, qui dessine sur la page blanche de la scène, et fait surgir l’idéogramme : le « corps extra-ordinaire, extra-quotidien » ; le geste qui se fait poème, méditation en mouvement.


Une deuxième phase consiste à improviser, puis à analyser les textes de différentes natures que chaque participant apporte et qui lui sont propres (poèmes, monologues, extraits de récits…). Ces improvisations seront ensuite explorées dans la pratique tout en servant à organiser un langage singulier qui sera l’abécédaire de chaque acteur, le vecteur pour esquisser les contours de son personnage.
La troisième phase de la recherche consistera à confronter les abécédaires des uns et des autres en vue de faire se rencontrer le langage poétique de chacun : dans le collectif, le singulier de l’acteur-poète se fait monde.
Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants
Intervenant·e·s
Omar Porras
Ayant grandi en Colombie, Omar Porras arrive à Paris à l’âge de vingt ans, en 1984. Il fréquente d’abord deux ans durant la Cartoucherie de Vincennes, découvre, fasciné, le travail d’Ariane Mnouchkine et de Peter Brook, fait un bref passage dans l’École de Jacques Lecoq, travaille avec Ryszard Cieslak, puis rencontre Jerzy Grotowski. En 1990, il fonde à Genève le Teatro Malandro. D’un projet à l’autre, c’est tout un répertoire de créations nourries de traditions pluriculturelles, une sorte de réserve de spectacles prêts à être repris, comme « en jachère», dont dispose le Teatro Malandro, qui puise autant dans les classiques avec Faust de Marlowe (1993), Othello de Shakespeare (1995), Les Bakkantes d’après Euripide (2000), Ay ! QuiXote d’après Cervantès (2001), El Don Juan d’après Tirso de Molina (2005, L’Avant-scène théâtre n° 1180), Pedro et le Commandeur de Lope de Vega (2006, L’Avant-scène théâtre n° 1214), Les Fourberies de Scapin (2009), Roméo et Juliette (2012, L’Avant-Scène théâtre n°1339) et Amour et Psyché de Molière (2017, L’Avant-scène théâtre n° 1423), Le Conte des contes d’après Giambattista Basile (2020 ; 2022 ; 2024, L’Avant-scène théâtre n° 1487) que dans les textes modernes et contemporains avec La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt (1993 ; 2004; 2015), Ubu Roi d’Alfred Jarry (1991), Striptease de Slawomir Mrozek (1997), Noces de sang de Garcia Lorca (1997), Histoire du soldat de Ramuz (2003 ; 2015 ; 2016), Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht (2007), Bolivar : fragments d’un rêve de William Ospina (2010), L’Éveil du printemps de Frank Wedekind (2011), La Dame de la mer d’Ibsen (2013), Ma Colombine (2019) en complicité avec Fabrice Melquiot, Carmen l’audition (2021) et Ritualitos, un poème musical créé par Omar Porras avec William Fierro et Maria de la Paz qui interroge notre lien à la nature en une ode à la vie (2023).
Parallèlement au théâtre, Omar Porras explore également l’univers de l’opéra avec L’Elixir d’amour de Donizetti (2006), Le Barbier de Séville de Paisiello (2007), La Flûte enchantée (2007) d’après Mozart, La Périchole (2008), La Grande Duchesse de Gérolstein (2012) d’Offenbach et Coronis (2019 ; 2022) de Sebastián Durón ; s’aventure sur le terrain de la danse avec Les Cabots (2012), une pièce chorégraphique signée Guilherme Botelho de la Cie Alias et interprète Krapp dans La Dernière Bande (2017) de Beckett mise en scène par Dan Jemmett.
Sa Visite de la vieille dame a été récompensée par le Prix romand des spectacles indépendants (1994) et Pedro et le Commandeur a été doublement nominé aux Molières 2007. La Colombie lui a décerné l’Ordre national du mérite en 2007 et la Médaille du Mérite culturel l’année suivante. En 2014, le Grand Prix suisse du théâtre/Anneau Reinhart lui a été décerné pour son œuvre. Depuis juillet 2015, il dirige le TKM-Théâtre Kléber-Méleau.