Être un Sorikkun – Stage de Pansori

12–22 décembre 2022 Masterclass

Stage dirigé par Lee Jaram

Description et objectifs

Le Pansori est une forme d’art traditionnel de Corée, inscrit comme chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité à l’UNESCO. Au même titre que l’opéra en Italie, le Ponsari est un art total populaire, où l’acteur est à la fois, chanteur, danseur, conteur, musicien. Aujourd’hui le Pansori est activement en lien avec les influences contemporaines.

Traditionnellement, une représentation du Pansori se déroule de la façon suivante : en suivant les rythmes joués par un percussionniste (gosu) sur un tambour traditionnel coréen appelé buk, l’acteur-chanteur (sorikkun) raconte l’histoire par le chant et la narration. De nos jours, les récits du Pansori se sont diversifiés en abordant des thèmes contemporains, où les interprètes utilisent de nouveaux accessoires et instruments de musique.

Au cœur du stage, chaque participant pourra découvrir comment passer simultanément du chant à la narration.
L’apprentissage des cinq rythmes de base du Pansori (Jinyang, Jungmori, Jungjungmori, Jajinmori, Utmorii), servira de base pour le travail proprement dit sur « Stranger’s Song », la pièce de Lee Jaram, d’après Gabriel Garcia Marquéz.

L’objectif final de cette formation est que chacun puisse interpréter les scènes de son choix, éventail à la main, après avoir appris les rythmes et les mélodies. Lee Jaram propose au travers de l’expérience du sorikkun d’apporter aux acteurs, de nouvelles perspectives sur l’art d’être présent face au public.

Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants

Intervenant·e·s

Lee Jaram

Eblouissante chanteuse, actrice et danseuse de Pansori

Lee Jaram était déjà, à 20 ans, une des étoiles montantes du pansori classique. A 30 ans, en 2007, elle est devenue une star populaire pour avoir osé bousculer les codes en créant un pansori moderne, Sacheon-Ga, Le dit de Sichuan, d’après la pièce de Brecht La Bonne Âme du Se-Tchuan, auteur longtemps interdit en Corée du Sud.

Lee Jaram, née en 1980, est l’une des chanteuses les plus célèbres de la Corée du Sud. Tissant des liens entre la musique ancienne et actuelle, elle est connue pour ses talents de sorikkun, interprète principale du pansori, et comme chanteuse et compositrice du groupe coréen Taru. Diplômée de l’Université nationale de Séoul en musique coréenne traditionnelle, elle joue également du gayageum, cithare à douze cordes. En 2011, elle a présenté au TNP Le dit de Sichuan, spectacle mis en scène par In Woo Nam, dans lequel elle tient tous les rôles : chanteuse, comédienne, bonimenteuse et récitante. Créé d’après La Bonne Âme du Se Tchuan de Bertolt Brecht.

En 2014 Lee Jaram a décidé de creuser cette veine en créant Ukchuk-ga, Le dit de Femme Courage, d’après Mère Courage et ses enfants du même Brecht. Après la satire sociale, elle plonge dans le lointain mythique de la Guerre des Trois Royaumes pour chanter la destinée terrible de cette femme condamnée à la survie, et qui perdra successivement ses trois enfants jusqu’à se retrouver seule à déplorer son destin, dans un air final poignant, parmi les ruines d’un monde effondré. Seule face au public, armée de son seul éventail, comme le veut l’art du pansori, elle chante le destin de cette femme, jouant tous les rôles, passant du rire aux larmes, de la colère à l’amour. Lee Jaram entraîne à sa suite les spectateurs à partager l’épopée de cette femme, traversée de la guerre qui est aussi traversée de la vie. Mais c’est aussi un pansori d’aujourd’hui, parlant dans une langue actuelle des drames universels, soutenu par trois musiciens virtuoses qui lui font un véritable écrin rythmique. Ce pansori réactualisé a aussi été présenté au Théâtre de la Ville, Paris, et au Festival d’Avignon, la même année.