Tragique racinien et Abhinaya – La vérité de l’émotion dans la contrainte de la forme

25 septembre 2023 – 6 octobre 2023 Masterclass

Stage dirigé par Nirupama Nityanandan et Jean-René Lemoine

Du lundi au vendredi, de 10h à 17h

Ce stage est destiné à celles et ceux qui cherchent à (re)trouver un chemin d’interprétation en partant du corps et du rythme vers l’émotion.

L’Abhinaya est la partie narrative et théâtrale commune à toutes les grandes formes de danses classiques indiennes, utilisant un langage gestuel et corporel précis pour exprimer des sentiments, dessiner des personnages et des situations.

Où va la main va le regard, où va le regard va l’esprit, où va l’esprit va l’émotion, où va l’émotion est née l’essence

Abhinayadarpana (traité sur l’Abhinaya)

Nous mettrons ce travail sur l’Abhinaya en perspective avec le travail sur le vers Racinien qui est lui-même en quelque sorte, une géométrie, une grammaire, une chorégraphie de la langue.
 

Objectifs

Développer de nouveaux outils de jeu, redéfinir les anciens. 

Expérimenter ce que le rapport à la musique et le dessin du corps apportent à l’interprétation d’un texte, la découverte d’un personnage.

Voir comment un cadre précis du corps et du geste permet une liberté intérieure pour sentir une émotion et l’interpréter. 

Découvrir comment la technique de l’Abhinaya agit comme une « loupe » sur les sentiments exprimés dans un texte — qu’il soit classique ou contemporain. 


Programme pédagogique

Les matins seront consacrés au travail technique:

Un temps d’échauffement collectif.

Introduction à l’Abhinaya

  • Les gestes codifiés des mains (Les Mudras)
  • Le regard
  • Les neuf émotions principales (Les Navarasas)
  • Les attitudes du corps qui accompagnent l’expression d’un sentiment.
  • Les différentes façons de marcher.
  • Le corps masculin et le corps féminin.
  • Introduction aux rythmes indiens.
  • Apprentissage d’une petite chorégraphie pour le pur plaisir de la pratique.

Les après-midis seront consacrés au travail sur deux tragédies de Racine : Phèdre et Bérénice.

Nous tenterons de voir comment chez Racine, c’est la précision du dire, la plongée dans son « artificialité » qui amène l’acteur ou l’actrice à un état émotionnel.

Comment la respiration qu’impose le vers agit sur le corps de l’interprète et le place dans un état « de force fragile » , de vertige contrôlé.

Il s’agira, en s’éloignant du psychologique, du réalisme, en respectant la prosodie, en « écrasant » l’émotionnel et le déclamatoire, d’aller vers le concret, la force brute du récit.

Il s’agira de soustraire, d’élaguer le jeu pour tenter d’arriver à la matière furieuse du texte.

C’est à travers cette contrainte que les sentiments infinis que contiennent ces pièces pourront se déployer.

Le travail corporel du matin sur l’Abhinaya – convoqué ou intériorisé – sera notre outil pour aborder les œuvres.


Résultat de notre enquête de satisfaction auprès des participants

Intervenant·e·s

Jean-René Lemoine

Après un parcours d’acteur, Jean-René Lemoine se consacre essentiellement à l’écriture et à la mise en scène. Ses textes ont obtenu de nombreuses récompenses. Il a été lauréat de la Fondation Beaumarchais et de La Villa Médicis hors les murs.

Il a également obtenu le Grand Prix de la Critique pour la création de sa première pièce L’Ode à Scarlett O’Hara. Et récemment le prix Emile Augier de l’Académie Française pour Iphigénie. Sa pièce Erzuli Dahomey a été jouée en 2012 au Vieux Colombier par la troupe de la Comédie-Française.
Il a mis en scène en mars 2014 sa pièce Médée, poème enragé à la MC93 Bobigny ; et en avril 2014 son Iphigénie au Théâtre Apo Michanis à Athènes.
Médée, poème enragé sera repris en 2015 dans le cadre du festival « Le Standard Idéal » au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis.
Jean-René Lemoine travaille également comme formateur. Il a enseigné l’art dramatique au Cours Florent et a dirigé régulièrement des ateliers pour comédiens au Théâtre de la Tempête. Il dirige aussi des ateliers à la Fémis (École nationale des métiers de l’image et du son), à l’attention des élèves scénaristes.

Textes publiés

Nirupama Nityanandan

Originaire de l’Inde du Sud, comédienne et danseuse de Bharatanatyam (danse classique de l’Inde du Sud). Entre 1987 et 1997 elle fait partie de la troupe du Théâtre du Soleil où elle joue entre autres, Iphigénie, Cassandre, Electre, Elmire…

Depuis 1996 elle participe aux diverses aventures théâtrales avec des metteurs en scènes comme Vincent Colin et Irina Brook, Christophe Rauck, Anne Théron ou Robert Lepage…

Elle a participé à des laboratoires avec des artistes comme Declan Donellan, Stuart Seide, Joël Jouanneau, Wajdi Mouawad ou Frédéric Fisbach. Elle tourne dans quelques longs métrages pour Noémie Lvovsky, Catherine Corsini, Laurent Jaoui ou Michel Spinosa.

Elle fait régulièrement des doublages depuis plus de vingt ans. En 1995 elle est nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture.

Depuis 2013 elle est de nouveau membre du Théâtre du Soleil où elle interprète Lady Macbeth et d’autres personnages principaux dans les dernières créations. En dehors de ses projets d’interprète elle met en scène des spectacles « jeune public » et dirige régulièrement des ateliers de théâtre, de danse et de communication dans des lycées, à l’Université, pour des amateurs et professionnels, en France et à l’étranger.